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DÉVELOPPEMENTS DE L’AFFAIRE ALIOU SALL-PETRO-TIM

Une épreuve de vérité L’avenir du Sénégal, en tant que Nation prospère, est inséparable de la gestion des permis et de l’exploitation de ses ressources naturelles dont les plus stratégiques restent le pétrole et le gaz. Le seul moyen d’atteindre cette prospérité est de soustraire ses ressources des intérêts étrangers ou tiers. Les révélations de la télévision britannique sur de supposées malversations sur le pétrole offshore des blocs de Cayar et de Saint-Louis, liant Aliou Sall et Frank Timis à travers la société Petrotim, Timis Corporation, Agritrans et British Petroleum (Bp) sont grosses de conflits potentiels entre les populations sénégalaises et le régime du Président Macky Sall. Cette affaire fait surgir une classe d’oligarques qui veut dominer l’État plus que l’État ne les domine. La situation de la pauvreté reste une constante aussi bien en zones urbaines que rurales et l’endettement de plus en plus considérable. L’avenir du Sénégal, en tant que Nation prospère, est inséparable de la gestion des permis et de l’exploitation de ses ressources naturelles dont les plus stratégiques restent le pétrole et le gaz. Le seul moyen d’atteindre cette prospérité est de soustraire ses ressources des intérêts étrangers ou tiers. Le rappel des faits est essentiel pour qui veut comprendre. British Petroleum (BP), le géant de l'énergie qui exploite le gisement de Gaz naturel liquéfié de Grand Tortue Ahmeyim (Entre le Sénégal et la Mauritanie), a accepté de payer près de dix milliards de dollars (10 000 000 000) à Frank Timis, un homme d'affaires impliqué dans un contrat pétrolier controversé : l’attribution des blocs de Saint Louis Offshore Profond et Cayar Offshore profond. La BBC rappelle que BP avait acheté les actions de Frank Timis dans un gisement de gaz au large des côtes du Sénégal pour 250 millions de dollars en 2017 et que les documents obtenus par BBC Panorama et Africa Eye révèlent que BP versera également à sa société, Timis Corporation entre neuf et douze milliards de dollars en redevances, soit près de 6 000 milliards de FCFA sur la durée de la Concession. Qui a peur de la vérité ? Pour éviter que les pièges ne se referment sur son frère, Aliou Sall, au-devant de cette affaire, une ligne de défense s’est érigée contre BBC, l’opposition dont les plus farouches sont Abdoul Mbaye, ancien Premier ministre qui avait contresigné, le 19 juin 2012, le décret n°2012-596 portant approbation du Contrat de Recherche et de Partage de production d’hydrocarbure conclu entre l’État du Sénégal, la Société des Pétroles du Sénégal (Pétrosen) et la société Petro-Tim Limites pour le permis de Cayar offshore profond et le décret n°2012-597, à la date du 19 juin 2012, portant approbation du Contrat de Recherche et de Partage de production d’hydrocarbure conclu entre l’État du Sénégal, la Société des Pétroles du Sénégal (Pétrosen) et la société Petro-Tim Limited pour le permis de Saint-Louis offshore profond ; Mamadou Lamine Diallo, député à l’Assemblée nationale, économiste et Président du Mouvement Tekki et Thierno Alassane Sall, ancien ministre de l’Energie, démissionnaire après avoir eu échos des «maladresses» sur le dossier. Nous sommes en présence d’une guerre qui ne dit pas son nom entre le Président Macky Sall et ces acteurs politiques qui le tiennent comme unique responsable et qui trouvent leur appui à travers une société civile nationale internationale (Global Witness) et des Sénégalais qui, dans les réseaux sociaux ne sont mus que pour la montée de la vérité et rien que la vérité. La poursuite de cette affaire à travers un débat feutré par médias interposés peut conduire à faire du Sénégal un brandon de discorde durable entre Frank Timis et ses intérêts et l’État du Sénégal qui comme tout État a des intérêts économiques et financiers et ceux normaux de sécurité. On ne saurait prendre le Sénégal comme un homme et Frank Timis ou Aliou Sall encore moins Macky Sall pour un pays. Le Sénégal est en fait en pleine transformation. Sa société, à l’heure des nouveaux médias (réseaux sociaux), est marquée par l’affirmation de couches moyennes nombreuses et d’une jeunesse de plus en plus avertie et qui contestent toute décision ou politique injuste envers leur pays, surtout à toute position de subordination vis-à-vis d’un clan ou d’une oligarchie. C’est pourquoi la vérité attendue dans ce dossier ne pourrait émaner que du Président de la République, Macky Sall himself, en publiant tout document pouvant disculper son frère qui ne doit pas être au-dessus de la loi : les chèques émis ou les virements faits pour payer Franck Timis, de voir si les transactions ont fait l’objet d’un paiement d’impôt pour le compte du Sénégal, de mettre sur la table les éléments qui pouvaient mettre en doute le rapport de l’IGE, de convaincre si le ministre de l’Energie et des Mines de l’époque, Aly Ngouille Ndiaye, n’a rien à se reprocher dans les rapports de présentation des décrets (respectivement du 11 juin 2012 et du 5 juin 2012) proposés au Président Sall ; de vérifier, pour Saint-Louis offshore et Cayar offshore, si les 2000 km2 de données sismiques 3D et au forage d’au moins 2 puits d’exploration ont été réalisés par Petro-Tim. Quid de l’investissement que l’entreprise de Frank Timis devait faire une fois la phase de recherche terminée, à savoir un investissement minimum de 48 000 000 de dollars Us soit l’équivalent au moins de 24 000 000 000 milliards de FCFA. Idem pour Pétrosen qui est cosignataire du contrat avec Petro-Tim qui n’a pas jugé nécessaire de décrier le non-respect des clauses par Frank Timis. Tout antécédent doit être épuré sur la mise en application des dispositions de la loi n°98-05 du 08 janvier 1998 portant code pétrolier et du décret n°98-810 du 06 octobre 1998 fixant les modalités d’application de ladite loi. Si demain le Sénégal se situe au beau milieu des réserves de pétrole et de gaz du monde, il occuperait ainsi une place qui lui permet d’influer aussi bien que sur le prix que sur les flux du pétrole et du gaz, ces marchandises stratégiques qui alimentent l’économie globale et les machines de guerres des puissances mondiales. Alors personne n’a intérêt à ce que la vérité ne sorte pas de cette histoire. Le mot d’ordre devrait être le même pour le Président Macky Sall, la Justice, l’Assemblée nationale, la société civile et l’opposition : fermeté absolue, défense de l’État, dépôt des plaintes annoncées et ouverture d’informations judiciaires au Sénégal et à Londres pour une vérité officielle et une vérité tout court. Abdoulaye Diop

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